Réunion de famille chez les référentiels d’auteurs

Qui ne connaît pas les notices d’autorité des catalogues ? Mais si, ces notices qui font la fierté des bibliothécaires : elles permettent notamment d’identifier sans ambiguïté l’auteur d’un document et relient entre eux tous les documents du même auteur. Pouce
A l’heure du web de données, les notices d’autorité du SUDOC en ont profité pour s’affranchir de leur catalogue d’origine et pour rejoindre la nouvelle famille des référentiels. Au passage, elles ont changé de nom : on les connaît désormais sous le nom d’IdRef (Identifiants et Référentiels), application Web de l’ABES, qui regroupe toutes les notices d’autorité, et pas uniquement les auteurs.

L’identification des auteurs est devenue cruciale pour la recherche, comme en témoignent les journées d’études organisées récemment sur le sujet.

Le 3 juillet dernier, Couperin a organisé à Paris une réunion de famille de tous les référentiels français et européens. Parmi eux, les référentiels d’auteurs ont eu la part belle :

IDREF est le patriarche des référentiels, car c’est le plus riche (2 500 000 auteurs) et le plus ancien (14 ans déjà). En cette occasion, il a annoncé qu’il nouait des relations avec de nouvelles applications françaises : Calames, Thèses.fr, BNF, et bientôt OpenEdition, ISTEX, ORI-OAI, SAMPRA… afin de relier entre elles des notices de manuscrits, thèses, mémoires, livres, articles de revue, et ressources pédagogiques présentes dans ces différentes bases. A terme, grâce à IDREF, on pourra identifier toute la production académique d’un auteur français, sans erreur sur son identité et sans multiplier les requêtes dans des bases différentes.

IDHAL est un proche cousin d’IDREF : le principe est similaire (des notices d’autorité pour les auteurs notamment), mais il est transposé au sein de l’archive ouverte HAL, et accompagné de cinq autres référentiels (AuréHAL). C’est une nouveauté à saluer, car les archives ouvertes se sont développées jusqu’à présent à l’écart des catalogues, des formats et des normes des bibliothèques. On y retrouve donc tous les problèmes d’identification des auteurs, doublons, homonymes, etc… Pour l’instant, cette limitation d’IDHAL à l’application HAL réduit son intérêt, mais qui sait jusqu’où ira son ouverture vers d’autres identifiants auteurs, IDREF notamment ?

ORCID a fait sensation lors de cette journée : c’est le dernier né des référentiels auteurs, mais il dépasse déjà tous les autres grâce à sa communication efficace et son envergure internationale. Le projet est séduisant : ORCID a réussi à fédérer les principaux acteurs de la publication scientifique internationale (financeurs, éditeurs et bases bibliographiques) autour d’un référentiel auteur commun. Cet identifiant ORCID est utilisé par les auteurs dès l’origine de leur projet de recherche, et accompagne toutes leurs publications dans les différentes bases qui les référencent. Plusieurs pays européens viennent d’annoncer leur engagement dans ORCID : l’Italie, le Royaume Uni, les Pays-Bas… Quelques bémols doivent toutefois tempérer cet enthousiasme : bien que sans but lucratif, ORCID demande aux institutions un coût d’adhésion non négligeable. De plus, la gestion des identifiants ne nécessite pas l’intervention des bibliothécaires et des documentalistes puisqu’elle est gérée par les auteurs eux-mêmes : cela ne garantit pas une qualité des données irréprochable (il y a déjà des doublons d’auteurs dans ORCID !). Enfin, cet identifiant ne concerne que le circuit des articles internationaux en sciences et médecine, qui exclut les sciences humaines ou les publications nationales… ce qui est au contraire la force d’IDREF.

Contrairement à certains repas de Noël trop arrosés, cette réunion de famille ne s’est pas terminée par des échanges d’invectives et des lancers d’assiettes. En effet, point n’est besoin de se battre pour imposer son référentiel aux autres. Le tout est de bien connaître les référentiels existants, avec leurs complémentarités et leurs limites. Ensuite, il suffit de créer des couples de référentiels au sein des bases documentaires (ex : attribuer à un même auteur son IDREF et son IDHAL ou bien son IDREF et son ORCID), de manière à ce qu’il y ait toujours un dénominateur commun. Pour que les informations sur les auteurs soient interopérables, le mot-clé à retenir, c’est « l’alignement » nécessaire des référentiels.

Solenn Bihan

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