OAWEEK : L’Open Access fait-il baisser la qualité des revues ?

Source de l’image : http://www.unic-ae.org

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Qui n’a pas entendu parler des scandales récents liés à la publication scientifique ? Le faux article de Science, les revues prédatrices qui piègent les auteurs, le peer-review complaisant ou frauduleux , les rétractations en plein essor…
D’aucuns associent ces dérives au développement du Gold Open Access, qui a popularisé les frais de publication : puisque les auteurs sont prêts à payer pour publier, il est tentant pour des éditeurs peu scrupuleux de profiter de leur crédulité. Mais les arnaques ne sont pas toujours le fait d’escrocs basés au Bengladesh, et il n’est pas si facile de séparer le bon grain de l’ivraie : les revues traditionnelles, comme European Journal of Radiology par exemple, brouillent les pistes en développant des variantes en open access, European Journal of Radiology Open, pudiquement appelées « companion journal »… mais sans facteur d’impact.

En réalité, cette crise vient de plus loin, c’est une conséquence inévitable du « publish or perish », l’injonction de publier qui pèse lourdement sur les chercheurs, et de la dictature du facteur d’impact, du moins dans les sciences et la médecine. L’Open Access a peut-être agi comme un révélateur.
Et si l’Open Access pouvait être aussi un remède ? « Ouvrir la science », ce n’est pas uniquement donner gratuitement accès au texte intégral, mais aussi rendre le processus de publication plus transparent, permettre un contrôle de la communauté sur les pratiques des auteurs, des reviewers et des éditeurs. L’Europe parle d’ailleurs plus volontiers d’Open process ou d’Open Science, pour décrire ce processus dans son ensemble.
Voici deux exemples parmi d’autres :
• Le peer-review ouvert : Depuis un an, le BMJ rend désormais publics les échanges entre reviewers et auteurs. D’autres vont plus loin et dissocient complètement l’étape de la publication, de celle de l’évaluation (épirevues).
• L’accès aux données de la recherche : la nocivité de la paroxétine dans la dépression sévère de l’adolescent a pu être démontrée grâce à l’accès aux données des essais cliniques. Plus généralement, l’accès aux données est un moyen de contrôler la reproductibilité des résultats scientifiques, que ce soit en médecine, en économie, en informatique, ou en psychologie.
La communauté scientifique doit conserver, ou reprendre selon les cas, le contrôle du processus de publication, et ne pas déléguer cette responsabilité aux seuls éditeurs. C’est à cette condition que l’open access peut devenir un gage de qualité.
Pour aller plus loin :
• Fiche du CIRAD sur les éditeurs-prédateurs : http://coop-ist.cirad.fr/aide-a-la-publication/publier-et-diffuser/eviter-les-editeurs-predateurs/1-qu-est-ce-qu-un-editeur-predateur
• Liste probable d’éditeurs-prédateurs : http://scholarlyoa.com/publishers/

Solenn Bihan

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