Le bibliothécaire, ce héros aux mille et un visages

adbu

Lors de la journée d’étude de l’ADBU du 18 octobre dernier, Les bibliothécaires, acteurs de la recherche, j’ai été impressionnée par la diversité des fonctions exercées dans les services aux chercheurs des bibliothèques.

  • A Clermont-Ferrand et à Bordeaux, les bibliothécaires se font éditeurs pour lancer des nouvelles revues en open access ;
  • A Sciences Po Paris ou à la BNF, ils créent des corpus de données (à partir de sites web moissonnés, ou des logs de connexion à Gallica…), qui seront ensuite analysés par des chercheurs ;
  • La BU de Groningen fournit des espaces de coworking et des formations à l’éthique numérique.

Comme la recherche scientifique est entrée dans la révolution numérique, avec son cortège de nouveaux acteurs, nouveaux outils et nouveaux modèles économiques, les bibliothécaires tentent de suivre tant bien que mal le mouvement. Mais quel est le rapport de toutes ces initiatives avec notre cœur de métier, avec les bibliothèques ?

D’après Arjan Shalken, directeur de la Vrije university d’Amsterdam, les chercheurs sont perdus dans la jungle des outils différents à utiliser, des publications à lire, des données à analyser, et les bibliothécaires peuvent leur servir de guide, leur fournir des repères pour s’orienter : parmi les outils numériques, les bibliothécaires savent sélectionner les plus durables, c’est-à-dire ouverts, pérennes, normalisés ; parmi les modèles économiques, ceux qui sont ouverts et soutenables ; parmi les publications, celles qui ont le plus d’impact. Enfin, les bibliothèques proposent des espaces propices à la concentration et à la créativité, hors du flot quotidien des activités.

En résumé, les bibliothécaires ont pour eux une qualité essentielle pour accompagner les innovations liées au numérique : une vision du temps long. Personnellement, je m’y suis reconnue, car le temps long, c’est celui des collections et des bâtiments.

Forts de ce regard dans la durée, et bien sûr sans revendiquer de monopole, les bibliothèques ont leur rôle spécifique à jouer, pour diffuser les bonnes pratiques et accompagner toutes les étapes de la recherche, depuis la création du Plan de Gestion des Données, jusqu’à l’auto-évaluation pour le pilotage de la recherche, en passant par l’aide à la recherche documentaire, le conseil dans la structuration des données, l’appui à la publication et la diffusion.

Enfin, des questions ont été posées sur la place de ces nouvelles compétences dans les référentiels des métiers de l’IST ou dans la formation initiale et continue, ou encore leur reconnaissance dans les carrières des agents.

A Lille, les services à la recherche sont déjà largement développés dans les bibliothèques universitaires : une archive ouverte pour garantir un accès ouvert et pérenne aux publications scientifiques, un appui à la bibliométrie pour analyser l’impact des publications, des formations aux outils de veille ou à Zotero, une aide aux doctorants pour gérer leurs données de recherche.

Solenn Bihan

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