S’amuser et apprendre : le cas des Serious Game

En décembre dernier, j’ai suivi à Médialille un stage sur l’innovation pédagogique, plus particulièrement sur les Serious Game. Impliquée dans le dispositif de formation de nos usagers, j’étais curieuse de savoir à quoi se référait cette notion, et comment apporter du jeu dans des formations documentaires.

Ce stage était encadré par Julian Alvarez (responsable développement/recherche Serious game/Jeu vidéo à la Serre Numérique) et Solange Houssin (assistante en ingénierie de formation, Médialille), et se déroulait sur deux jours. Voilà ce que j’en ai retenu.

Tout d’abord, quelques apports théoriques nous ont permis de faire la différence entre les notions de gamification (introduire du jeu dans des objets utilitaires, comme dans les produits dérivés, l’architecture urbaine, le mobilier, les transports… intégrants de plus en plus des références à la culture du jeu vidéo) et de serious gaming (le jeu traditionnel est détourné en jeu utilitaire, on le sort de son cadre de divertissement pur).

Puis nous avons testés quelques Serious Game en ligne. Au-delà des aspects ludique et agréable de jouer pendant une formation, ces temps de pratiques nous ont permis de porter un regard critique sur l’expérience que nous vivions, en tant que joueurs, mais aussi en tant que médiateurs.
En effet, nous avons apprécié les intentions des auteurs derrière ces jeux, évoquant alors l’importance de bien définir ses intentions, ses objectifs (informatifs ou pédagogiques). L’importance aussi d’avoir un médiateur, pour amener le jeu, le faire vivre, et le conclure. Se lancer à corps perdu dans un jeu sans avoir un minimum d’informations étant finalement contre-productif.

Pour aller plus loin dans cette réflexion sur la mise en place et l’accompagnement d’un jeu (qu’il soit en ligne ou non), on nous a tout d’abord demandé de préparer un Kahoot. Application en ligne qui permet de générer des QCM, les répondants utilisent smartphones ou ordinateurs pour répondre, et ont les résultats en direct. Ce jeu permet d’introduire de l’interactivité dans une séquence pédagogique.

On nous a également demandé de préparer dans son intégralité une séquence pédagogique, cette fois liée à nos métiers. Notre groupe a travaillé sur la présentation des espaces dans une bibliothèque universitaire. Comment amener le jeu dans ce dispositif ? Nous avons choisi pour l’exercice de faire un mix entre jeu de rôle et chasse au trésor.
Les échanges dans ce cadre d’exercice sont vraiment intéressants, car ils nous permettent de confronter nos pratiques, de trouver des solutions ensemble. Il faut vraiment être clairs sur ses objectifs pédagogiques pour pouvoir proposer un jeu adéquat. L’application en jeu de rôle n’est pas évidente, et avec les contraintes qui étaient les nôtres, nous n’avons bien sûr pas pu aller jusqu’au bout de la démarche, mais néanmoins, cela nous a permis de comprendre l’intérêt d’une bonne préparation en amont, d’une cohérence autour des objectifs annoncés, l’importance de faire adhérer le groupe à la pédagogie employée.

Pour terminer ce stage, nous avons pris le temps de tester un jeu de l’oie appliqué à la préparation des concours des bibliothèques, préparé par Solange. Un temps de partage fort agréable, nous avons bien ri, pendant lequel nous avons échangé sur tout ce que nous avions vu au cours de ces deux journées.

Si vous êtes intéressés par le sujet, je ne peux que vous recommander de suivre ce stage, reconduit cette année à Médialille.
Et s’il ne fallait retenir que 3 mots de ces deux journées : briefer / accompagner / débriefer !

Pour aller plus loin :

Parce qu’on a aussi parlé des Serious Game (en ligne) en bibliothèque :
Notitiam Qaerens, le Serious Game de la BU Vauban-Université Catholique de Lille, sur la recherche documentaire
Hellink, le Serious Game de Sorbonne Universités, sur les compétences informationnelles
Escouade B, le Serious Game des bibliothèques de Montréal, sur l’analyse des sites internet

Pour se documenter un peu :
La partie consacrée au Serious game, dans les ressources en ligne de l’Enssib.
Un article sur la plateforme InfoTrack dédiée à la formation aux compétences informationnelles, de la bibliothèque universitaire de Genève
2025 exmachina, un Serious Game d’éducation critique aux médias, une production de Tralalere et de la Commission européenne et de la Délégation aux Usages de l’Internet

Deux Serious Game (en ligne), de l’Université de Lille :
PROFFIteROLE, pour les étudiants en Pharmacie
Juristraining, pour les étudiants en Droit

Julie Gakyère

Une réflexion sur “S’amuser et apprendre : le cas des Serious Game

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