(Re)découvrir nos BU : méthode d’analyse d’une enquête qualitative

Bonjour, je m’appelle Manolo. Etudiant en première année de Master Communication Numérique à l’université catholique de Lille, j’ai rejoint les équipes du SCD le 1er avril dernier pour un stage d’une durée de 3 mois et demi auprès du service de communication et de la mission enquête des publics du SCD. Ma mission principale pour ce stage était de mener une enquête qualitative auprès des usagers pour comprendre leur perception des BU afin de mieux cerner leurs attentes et usages.

Cette mission s’appuie sur les résultats de deux enquêtes de satisfaction menées de mars à avril et dont les résultats viendraient enrichir les témoignages recueillis lors d’entretiens semi-directifs plus poussés avec certains usagers. Réaliser ces entretiens est une chose plutôt simple en considérant que la phase exploratoire soit bien réalisée. Mais ensuite se pose une question : Comment exploiter ces données qui, à cause de leur nature très hétérogène, ne peuvent être analysées de manière statistique ? Laissez-moi vous expliquer quelle démarche j’ai pu suivre pour tirer le maximum d’informations de ces entretiens.

« Je pense que c’est aussi un des rôles important de la BU, de non seulement mettre à disposition des étudiants des documents, mais surtout des documents fiables. C’est important compte tenu de l’accès à une documentation riche sur internet mais pas forcément de qualité »

Doctorant ATER de droit civil

  1. Passer des entretiens, oui et après ?

La première chose à faire après avoir réalisé les entretiens est de les retranscrire. J’avais pu être averti de la difficulté de cette tâche et du temps que cela pouvait prendre mais je n’aurais pas pu imaginer que ce soit à ce point. Au rythme que j’avais, je dirais qu’il faut envisager de multiplier par 3 ou 4 le temps de l’entretien pour pouvoir le retranscrire. On se retrouve très rapidement à passer toute une après-midi pour retaper un échange d’une heure.

La retranscription reste néanmoins cruciale, d’autant plus si les entretiens sont étalés sur une longue durée. Elle permet de revenir sur chaque échange et d’y apporter des premières réflexions. C’est également le moment pour ajuster certains points de la grille d’entretien pour la suite.

« Les BU du campus sont vraiment des points d’appui qui viennent en aide à mes recherches dans mon domaine »

Enseignante chercheuse rattachée au CEAC

  1.  L’analyse du contenu

Pour ce point, j’ai basé mes recherches sur l’ouvrage « Enquêtes qualitatives, enquêtes quantitatives » d’ABRIAL STÉPHANIE.

L’analyse du contenu a pour but de faire ressortir les principaux thèmes, récurrences et associations d’idées dans les différents contextes d’entretien. Le but est de pouvoir segmenter chaque texte pour les interpréter.

Deux approches sont possibles : une méthode déductive qui cherche à valider nos hypothèses de départ, une méthode inductive qui base nos hypothèses sur les données recueillies. J’ai opté pour une approche inductive pour me laisser une grande marge d’interprétation des propos et pour ne pas rester bloqué dans mes hypothèses de départ. A ces deux approches s’ajoute le choix de règles de découpage. Pour cette enquête, j’ai choisi de découper le texte par thématiques. J’ai ainsi pu regrouper les propos tenus sur un même thème à différents moments de chaque entretien.

Lorsque les règles de découpage et de codage ont été établies, une première lecture multiple et attentive de quelques retranscriptions va permettre d’établir une grille unique de catégories qui sera appliquée par la suite à tout le corpus. Cette grille permettra de découper l’ensemble des textes dans des catégories communes.

Voici un exemple de la grille de catégorie que j’ai pu établir (cliquer pour agrandir) :

  1. Lecture de la grille de données

L’analyse par ligne et par colonne de la grille de catégories est appelée l’inférence. Encore une fois deux approches sont possibles : l’analyse par ligne qui se base sur les discours recueillis dans chaque thématique, ou l’analyse par colonne qui se concentre sur les particularités de chaque entretien.

Dans ma démarche, j’ai choisi de réaliser une analyse horizontale afin de mettre en avant quelles thématiques étaient le plus représentées. Grâce à cette démarche, il devient par la suite très simple de rapidement identifier les points importants aux yeux des usagers.

L’analyse d’enquêtes qualitatives est une tâche très longue et laborieuse. On peut rapidement se retrouver noyé dans les données recueillies et avoir du mal à prendre du recul sur ce qui a pu être dit. Réussir à s’approprier une méthode qui nous convient est essentiel pour réussir à tirer le meilleur de chaque échange.

Référence bibliographique :

ABRIAL STÉPHANIE, 2011. Enquêtes qualitatives, enquêtes quantitatives / Stéphanie Abrial, Jean-Paul Bozonnet, Frédéric Gonthier… [et al.] ; sous la direction de Pierre Bréchon. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble. Politique en +. ISBN 978-2-7061-1673-5.

Manolo MUNOZ LAGADEUC

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