Une histoire de pandémie, suite (BU Lyon 3)

Nous continuons notre tour d’horizon (partiel) des BU françaises. Cette semaine, c’est Marc Martinez (MM), directeur des BU de Lyon 3 (Université Jean Moulin) qui a accepté de répondre à nos questions.

Nous l’avons également interrogé sur les actions menées et les projets en cours au sein de l’ADBU (association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation) depuis le premier confinement, en qualité de Président de l’association.

*** Cette interview a été réalisée le 20 novembre dernier, avant l’intervention télévisée du Président de la République du 24 novembre ***

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Une histoire de pandémie (BU Angers)

La pandémie de la Covid-19 a imposé aux bibliothèques universitaires de s’organiser pour faire face au virus et ses conséquences. Nous avons souhaité recueillir le témoignage de directeurs et directrices de BU pour savoir comment il/elle avaient appréhendé la situation lors de la rentrée de septembre. Cette semaine c’est Nathalie Clot (NC), la directrice des BU d’Angers qui a accepté de répondre à nos questions. Un grand merci à elle !

***Attention : cette interview a été réalisée avant les annonces du Président de la République le 28 octobre 2020***

Question 1 : Comment avez-vous géré dans votre établissement la crise Covid ?

NC : Trois grandes options ont été validées en conseil documentaire le 2 juillet :

  • réduire la capacité d’accueil de moitié (passer de 1000 places à 500 places dans chacune des BU)
  • limiter l’accès aux membres de la communauté universitaire (25 000 personnes)
  • mettre en place un système limitant les comportements de « monopolisation » de place et donnant une même chance à chacun (pas de quotas par niveau ou discipline, égalité d’accès).
  • Elargissement de l’offre documentaire en ligne

L’idée était, dans une situation structurellement instable, de prévoir un fonctionnement pouvant tourner sans grand changement même en cas de restrictions prévisibles « hors confinement ».

Nous nous sommes inscrits dans une consigne générale de limitation du nombre d’étudiants sur les campus, d’obligation de port du masque décidée très tôt, appuyé sur l’expertise de la direction de la prévention et sécurité pour ce qui est de l’équipement de protection individuelle et collective mais avons eu la main sur les options organisationnelles choisies.

Espace d'accueil de la BU Belle-Beille

Question 2 : Quel est le ressenti de vos équipes ?

NC : L’équipe de la BU d’Angers a été remarquable d’engagement dans un dispositif qui paraissait excessif à beaucoup. L’accompagnement de septembre nous a tous laissés épuisés, quand il fallait expliquer les règles nouvelles à plusieurs centaines d’étudiants chaque jour dans un contexte de rodage où bugs et approximations étaient très nombreux.

La prise en compte du fait que le ¼ de l’équipe a pu choisir de faire du télétravail sur une base régulière, quelle que soit sa catégorie, tout le monde ayant été équipé d’ordinateurs portables a entraîné quelques tensions du fait d’un changement de logique dans l’organisation des plannings (destiné à ce que les gens sur places ne soient pas corvéables à merci)

La qualité de cet accueil personnalisé, et du filtre d’entrée paie sur la durée : nous avons un « superviseur » ½ journée qui passe plusieurs fois par demi-journée en salle et sur 400 personnes, nous n’avons qu’une demi-dizaine de remarques à faire. Seules les salles de groupes ont dû être fermée, la régulation du port du masque dans ces environnements fermés épuisant la bonne volonté de l’équipe.

Nous n’avons eu trois heures par jour de monitorat étudiant pour aider à faire la régulation 3M (Main, masque, matériel) chaque jour et un rondier passait d’ores et déjà dans les espaces 2 fois par ½ journée.

Question 3 : Quelles ont été les réactions de vos usagers face à cette nouvelle manière de « venir à la BU » ?  Prévoyez-vous de mener une enquête usagers ?

De la résignation, de la compréhension, de la frustration, de l’adaptation. Nous refaisons désormais le plein en journée, donc nous sommes heureux d’avoir mis des régulations d’accès autre que des alternance de numéro d’étudiants ou des files d’attente.

Nous analysons chaque semaine les données de réservation pour voir comment aménager le dispositif et faisons des entretiens  individuels semi-structurés en salle et auprès des représentants étudiants élus.

Pas d’enquête massive, nos marges de manœuvre étant trop faibles pour tenir compte par des actions concrètes et rapides des mécontentements qui ne manqueront pas de s’exprimer, et qui tiennent largement à une épidémie qui nous dépasse tous un peu.

***Après l’annonce du deuxième confinement, Nathalie Clot a complété ses propos avec les informations ci-dessous.***

Le dispositif « En lieu sûr » tant dans son volet externe (acculturation depuis le 17 août des usagers aux principes et aux outils de la réservation) qu’interne (élaboration des plannings depuis septembre pour permettre à tous les membres de l’équipe de passer en télétravail de 50 à 90% du temps sans avoir à changer ni l’emploi du temps des uns et des autres ni la matrice d’attribution des plages d’accueil ) s’est révélé fort opportun après les annonces du 29 octobre dernier. Nous étions en effet prêts, alors même que les vacances scolaires n’étaient pas finies, à proposer rapidement l’ouverture sur rendez-vous autorisée sur le plan réglementaire, moyennant quelques ajustements, que nous avons pris la journée du 2 novembre pour expliquer à la partie de l’équipe ne revenant de vacances que ce jour là et mise en œuvre dès le mardi 3 novembre.
Les principaux aménagements ont été :
  • fermeture à la mi-journée pour réduire le risque pris au moment des repas sur place
  • organisation du travail des collègues en demi-journées sur place
  • organisation du télétravail (tout le monde a été équipé de postes portables en juin) et du plan d’accompagnement personnalisé
  • maintien d’horaires d’ouverture assez large 8h30-12h30-14h-20h sur un site du lundi au samedi et 8h30-12h30, 14h-21h30 du lundi au samedi et le dimanche aux horaires habituels 13h-20h, une bonne partie de nos moniteurs, recrutés en nombre un peu plus élevé cette année pour parer à ce genre d’éventualité étant restés sur Angers.

Propos recueillis par Hélène Mistretta et Geraldine Huyghe

Le Passeport pour la science ouverte : embarquement immédiat

Le Passeport et ses objectifs

Image sous licence CC BY-SA 4.0 par le MESRILe Passeport pour la science ouverte est un guide à destination de tous les doctorants, conçu par le SCD de l’Université de Lille et le Comité pour la science ouverte avec le soutien du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Il explique le pourquoi et le comment de la science ouverte, avec des conseils pratiques à mettre en application à chaque étape du parcours du doctorat.

Ses points forts

  • Des témoignages des doctorants rendant la science ouverte plus concrète
  • Des liens vers de nombreux outils pour mettre en pratique tout de suite
  • Une approche visuelle et ludique avec des illustrations
  • Un guide placé sous licence Creative Commons – Vous pouvez le réutiliser et le partager

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Des bibliothèques en streaming

Pour stopper la 1ère vague de la propagation de la covid-19, le confinement sanitaire s’est imposé à tous pendant plusieurs semaines. Que faire de ses soirées et week-ends quand on ne doit plus sortir de chez soi ? Lire ? Oui évidemment mais personnellement j’ai choisi une autre option : m’abonner à une plateforme californienne de streaming vidéo bien connue.

Je me suis donc adonné au binge-watching et rapidement, dans ce flux de séries récentes et en majorité américaines, je remarquais que nombre d’entre elles comportaient des séquences incluant des bibliothèques de lecture publique, très souvent des bibliothèques scolaires et plus rarement des bibliothèques universitaires. Lire la suite

#PAL d’automne

Il y a bien longtemps que nous n’avions pas proposé une #PAL (ou pile à lire) sur le blog. Les vacances scolaires de la Toussaint étant (déjà) là, nous nous sommes dits que c’était le bon moment pour vous présenter quelques documents qui ont retenu notre attention. BD, romans, film : il y en a pour tous les gouts et dans toutes les BU ! Si vous passez le pas de l’emprunt, n’hésitez pas à nous faire part de votre avis en commentaire. 😉

A la BU SHS lisez « Tu t’appelais Maria Schneider » de Vanessa Schneider

Dans ce livre hommage à sa cousine, Vanessa Schneider nous dresse le portrait celle qui a toute sa vie, été réduite à un uniquement rôle : celui de Jeanne dans le film de Bernardo Bertolluci Le dernier tango à Paris. Trop jeune et peu préparée à l’univers cruel et sexiste du cinéma, Maria Schneider ne s’en remettra jamais. J’ai aimé cet ouvrage car il questionne notre condition de spectateur, comment parfois nous « enfermons » un acteur à un rôle, une réalisatrice à un style ou un scénariste à un genre.

 

A la BU Droit-Gestion, regardez « Visages villages » de JR et Agnés Varda

Dans leur documentaire sorti dans salles de cinéma en 2017, l’artiste JR et la réalisatrice Agnès Varda vont de villages en petites villes, à la rencontre des habitants de cette France qu’on dit profonde. A l’aide d’un photomaton et d’une imprimante sophistiquée, ils affichent sur les murs des maisons et des immeubles, des photos en grand format de leurs habitants. Le projet artistique n’est qu’un prétexte à la rencontre et à la discussion. J’ai particulièrement aimé la relation entre les deux réalisateurs et la rencontre qui se déroule à Bruay-La-Buissiére avec Jeannine, fille de mineur.

 

A la BU Santé, lisez « Par les routes » de Sylvain Prudhomme

C’est un roman sur l’amitié que nous propose ici Sylvain Prudhomme ; sur celle qui relie deux hommes qui se retrouvent après des années loin l’un de l’autre. Il y a l’autostoppeur et Sacha venu s’installer dans le Sud de la France pour débuter une nouvelle vie. Dans l’ouvrage sont évoqués les thèmes de l’aventure, des (nouveaux) départs, des souvenirs qui nous marquent pour toujours et de comment construire sa vie entre désir et raison. Le roman a été sélectionné dans le cadre du Prix du roman des étudiants 2019. Retrouvez ici la sélection du prix, millésime 2020.

 

A Lilliad, feuilletez « C’est comme ça que je disparais » de Mirion Malle

Dans sa BD, Mirion Malle nous parle, avec justesse, de Clara qui souffre depuis plusieurs années d’une maladie souvent minimisée et invisibilisé : la dépression. Elle évoque ses tentatives pour gérer la maladie, ses échecs mais aussi ses réussites pour ne pas disparaitre derrière elle. L’autrice donne quelques « clés » pour aider un membre de son entourage qui pourrait être touché par ce type de pathologie. J’ai apprécié le trait fin et délicat de la dessinatrice ainsi que la sororité qui se dégage de son cercle d’amies.

 

Toute l’équipe du blog vous souhaite de très bonnes vacances ! Rendez-vous début novembre pour le retour de nos publications…

Hélène Mistretta

Pix + Droit

En juillet dernier, j’ai assisté au séminaire « Pix+Droit ».

Connaissez-vous le Pix ?

Le Pix remplace dans les universités le C2i depuis la rentrée 2019-2020. C’est une certification aux compétences numériques, entièrement en ligne. La plateforme Pix propose des tests, des QCM permettant aux étudiants d’évaluer leur niveau, puis d’envoyer les résultats à leurs enseignants. Des tutoriels d’auto-formation sont proposés afin que chaque étudiant puisse progresser dans les 5 domaines et seize compétences évaluées.

La certification Pix s’adresse à un public plus large que les étudiants : elle a été mise en place dans les collèges et les lycées et est également accessible à tout particulier, professionnel dans le cadre d’une formation continue.

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Une nouvelle étape pour Ubib

En cette rentrée universitaire, le réseau Ubib, service de questions-réponses en ligne, a fait peau neuve en déployant la plateforme multi-canale Libanswers de Springshare.

Après 10 ans d’existence, les 16 établissements Ubib ont choisi Libanswers (déjà utilisé en France au SCD Aix-Marseille Université ou à la bibliothèque de Sciences Po Paris par exemple), entre autres, pour les raisons suivantes :

  • Gestion simultanée des canaux de contact mail, chat, réseaux sociaux
  • Existence d’une base de connaissances des questions et des réponses et d’outils statistiques fins
  • Résolution des problèmes techniques rencontrés avec l’outil précédemment utilisé
  • Personnalisation des interfaces et widgets de chat pour chaque établissement
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Podcasts et bibliothèques

Sur mon temps libre, j’écoute de nombreux podcasts. Des podcasts sérieux, impertinents ou joyeux qui ont tous un point commun : ils ne parlent JAMAIS de bibliothèque (ni de près, ni de loin) ;-).

A force d’en écouter j’ai fini par me demander si je ne pouvais pas « optimiser » cette passion dans mon travail, afin de joindre l’utile à l’agréable. J’ai alors eu l’idée de publier sur le principe des revues de presse, des « revues de podcasts » dans le secteur disciplinaire que je gère. Cela a suscité des réactions chez mes collègues. Dans ma veille professionnelle j’ai également constaté que des initiatives étaient mises en place autour des podcasts. Il me semblait donc intéressant de revenir sur ce sujet dans un billet de blog.

Vous avez dit podcast ?

A l’occasion de la deuxième édition du Paris Podcast Festival, une étude réalisée par l’institut CSA montrait l’usage croissance de ce média. Ainsi en 2019, 9 % des français indiquaient écouter au moins un podcast chaque semaine. Mais un podcast c’est quoi ?

Il s’agit d’un contenu audio diffusé sur internet et disponible en téléchargement ou en streaming. Le podcast peut être :

  • la reproduction d’un contenu radio (l’émission qu’on n’a pas eu l’occasion d’écouter et qu’on veut « rattraper ») ou
  • la création d’un contenu audio original. On parle alors de « podcast natif ». Dans ce cas le podcast est soit produit par un studio (comme Nouvelles Ecoutes ou Binge Audio) soit par un.e créateur.trice indépendant.e.

Le podcast peut prendre la forme d’une émission unique (c’est rare) ou peut faire l’objet d’une publication en série (avec une périodicité définie ou non).

Podcast et monde universitaire

A l’occasion d’une séance de dédicace de son livre « Les couilles sur la table » (issu du podcast du même nom), j’ai interrogé Victoire Tuaillon pour savoir comment réagissaient les enseignants-chercheurs qu’elle sollicitait. Avait-elle été déjà confrontée à des refus ? Les chercheurs étaient-ils réfractaires ? Elle m’a indiqué n’avoir essuyé aucune fin de non-recevoir et que tous étaient enthousiastes à l’idée de s’associer à un tel projet.

Les enseignants-chercheurs ont investi depuis de nombreuses années la radio notamment via France Culture et sont de plus en plus présents dans l’univers du podcast. Dans un contexte universitaire où la prescription enseignante est importante pour de nombreux étudiants, les podcasts ont ainsi toute leur place en bibliothèque universitaire. C’est un contenu facilement valorisable à côté de nos collections « traditionnelles ».

Et les bibliothèques dans tout ça ?

Des initiatives locales tendent à apporter de plus en plus de visibilités aux podcasts. Ainsi le SCD Paris-Dauphine a intégré le moteur de recherche de Radio France dans son outil de découverte Odyssée. Certaines bibliothèques municipales intègrent, et de ce fait cataloguent, des podcasts dans leur SIGB comme la Médiathèque de Rumilly (en exemple : la notice de «Un podcast à soi»). Au sein des bibliothèques universitaires de Lille, les BU Droit et Santé proposent régulièrement des recommandations de podcasts sur leurs réseaux sociaux.

Par ailleurs pendant le confinement et jusque juillet, Lilliad a proposé sur son compte twitter #PoDoJo.

Cette initiative a permis de valoriser la documentation électronique d’une manière originale en prenant comme appui des podcasts. A la même période, la BIS a de son côté proposé à ses usagers des sélections de podcasts et de ressources audiovisuelles librement accessibles.

Certaines bibliothèques sont également passées de prescriptrices à productrices ou co-productrices de podcasts à destination de leurs publics ou des professionnels des bibliothèques. On citera notamment :

[Mise à jour du 22/09/2020]

Dans le monde anglophone, vous trouverez sur le blog de Christian LauersenThe Library Lab») une liste régulièrement mise à jour de podcasts conçus et produits par et sur les bibliothèques.

Ce billet a pour objectif d’être enrichi. La bibliothèque où vous travaillez propose un dispositif en lien avec des podcasts ? N’hésitez pas à nous le signaler. Nous compléterons ce billet. Si le sujet vous intéresse, sur AgoraBib vous trouverez une discussion sur la valorisation des podcasts en bibliothèque municipale ou universitaire.

Et pour finir car je suis toujours preneuse de recommandations 😉 : vous en écoutez, vous, des podcasts ? Si oui lesquels ?

Hélène Mistretta

Reprise des publications

Après une longue absence, nous sommes heureuses de vous retrouver.

 

Dès la semaine prochaine, vous pourrez lire un nouveau billet, nous ne dévoilerons pas ici le sujet 🙂

Si vous le souhaitez, vous pouvez nous proposer des billets et des idées de publications.

N’hésitez pas à nous contacter : scd-veille[@]univ-lille.fr

Géraldine Huyghe, Aline Mazin, Hélène Mistretta, Amélie Nadolny