Désherbage

Régulièrement des citoyens ou des journalistes découvrent, émus, que les bibliothèques se séparent de livres. Le désherbage peut parfois faire l’objet de polémiques. Désherbage justement, c’est le titre qu’a choisi (par provocation ?) Sophie G. Lucas pour son dernier livre paru en 2019 à La Contre Allée, maison d’édition 100% lilloise. Pourtant de désherbage il ne va pas en être question ici car sous titré Que vient-on faire dans une bibliothèque aujourd’hui ?, l’ouvrage rassemble des notes, écrits littéraires et réflexions suscités par la résidence de l’autrice à la Bibliothèque départementale de Loire Atlantique. Pendant 6 mois Sophie G. Lucas a visité les bibliothèques rurales ou semi-rurales dont Le pot à mots ou La forêt aux livres, en sillonnant les routes du département.

Dans la quatrième de couverture, l’autrice évoque les thématiques soulevées par ses échanges avec des bibliothécaires, des bénévoles ou des usagers : « le troisième lieu, l’ avenir de la lecture publique, la place du livre, les fractures sociales, culturelles, numériques [et] le service public« . Même si l’ouvrage est orienté lecture publique, j’ai retrouvé des problématiques familières des bibliothèques universitaires : la peur de la coquille vide (un bel établissement environné de livres mais vide de sens), les dilemmes de choix d’acquisitions (doit-on acquérir ce que les usagers veulent même si on ne trouve pas ça pertinent ?), la distance entre ce qu’on aimerait faire et ce qu’on peut faire avec les moyens mis à disposition ou encore les tâche et les missions qui se multiplient (communication, animation, médiation, formation…).

Extrait sur les bibliothécaires [p.46]

Et toujours ça débat , ça cherche .

C’est une des choses qui m’ont frappée.

Cette constante remise en question .

Cette volonté d’être au plus prés du public. 

Sophie G. Lucas n’est pas bibliothécaire mais j’ai trouvé son livre juste sur le métier. Je m’y suis retrouvée et j’espère que les non-bibliothécaires qui liront ce livre découvriront un peu mieux ce qui anime la profession, une vison un peu moins caricaturale du personnage de la bibliothécaire dans La cote 400 de Sophie Divry que j’ai par ailleurs apprécié pour d’autres raisons.

Extrait sur l’éloge de la paresse en bibliothèque [p.90-91]

Une usagère : « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc de vouloir toujours occuper les gens ? Des animations, des ateliers de je ne sais quoi, yoga, tricot, mais qu’on nous fiche un peu la paix ! On veut nous occuper tout le temps, nous apprendre à être bien, à nous occuper de nous, mais on a le droit aussi de ne rien vouloir de ça. On peut avoir envie d’aller en bibliothèque pour ne rien faire. Juste être là […] »

J’ai beaucoup aimé le travail de Sophie G. Lucas qui alterne courts chapitres de réflexions, notes, récits personnels, exercices de styles littéraires ou extraits d’ouvrages. On peut piocher ce qui nous intéresse, poser le livre et réfléchir aux questions soulevées par un paragraphe. J’ai apprécié les souvenirs touchants de l’autrice avec « ses » bibliothèques, celles de son enfance ou de sa vie d’adulte.

Professionnels des bibliothèques nous avons tous des histoires liées aux bibliothèques, parfois uniquement du côté pro mais aussi du côté perso : les neveux qu’on emmènent pour la première fois à la médiathèque, les livres qu’on choisissait judicieusement étant enfant, les auteurs.trices qu’on a découvert, les bibliothèques qu’on a visitées à l’étranger, les visites au CDI… Qu’ils soient bons ou mauvais tous ces souvenirs nous rappellent que nous venons en bibliothèque pour de multiples raisons.

Hélène Mistretta

Learning center et bibliothèques : leurs rêves et nos réalités, journée d’étude organisée par la Bibliothèque des sciences et technologies (BST) de l’Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, le 24 septembre 2019

La nouvelle Bibliothèque-Learning center des sciences et technologies (BST) de l’UCLouvain célèbre son 5e anniversaire et dresse un premier bilan à l’occasion d’une journée d’étude au cours de laquelle des réalisations abouties et fonctionnelles depuis quelques années et des projets de bibliothèque et learning center encore en développement confrontent idées et expériences, entre rêves et réalités.

anne

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La science ouverte dans les projets de recherche : la bibliothèque universitaire soutient les coordinateurs du montage des projets jusqu’à leur fin

Si les chercheurs n’anticipent pas les aspects science ouverte de leur projet dès la rédaction de leur demande de financement, différents problèmes peuvent advenir pendant la durée du projet. Soutenir les coordinateurs de projets permet de toucher un nouveau public avec lequel construire une relation durable. Ces chercheurs deviennent ainsi les meilleurs ambassadeurs de la science ouverte. Romain Féret donne un aperçu de cette offre de service déployée à l’Université de Lille et nous fait part de son expérience.

RF

Romain Féret – *Traduction d’un article publié sur le blog ZBW MediaTalk

L’Université de Lille a mis en place un service pour accompagner les chercheurs dès le début de leurs projets. Nous* avons interviewé Romain Féret, chargé de mission open access et responsable des services de gestion des données de recherche à la bibliothèque de l’Université de Lille. Lire la suite

UXLibs V : De la recherche au design

La 5ème conférence UXLibs (Expérience utilisateurs en bibliothèque) s’est tenue à la Royal Holloway, Université de Londres, du 17 uxliblogo_colour_600pxau 19 juin 2019. Un cadre so british pour une conférence passionnante, qui a à cœur de favoriser les échanges entre les participants, les retours d’expérience et la création d’une communauté solide et solidaire d’UX Librarians.

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Cyclo-biblio… allez en route !

En cette fin d’année universitaire, je vous invite à partir en balade avec moi…
Petit retour sur mon aventure Cyclo-Biblio, édition #HaPar2019 c’est à dire Le Havre – Paris (350 kms) du 31 mai au 6 juin 2019 avec arrivée au Congrès de l’ABF (Porte de Versailles). Cette 6ème édition a été égrenée de visites de bibliothèques ou médiathèques.
Départ Le Havre, le vendredi 31 mai… eh oui, pas de pont de l’Ascension… mais l’ascension du Pont de Normandie en compagnie de 50 cyclo-thécaires… Une aventure rafraîchissante pour découvrir les collègues et voir que nous ne sommes définitivement pas des vieux ronchons qui grommellent « silence » mais plutôt des personnes enthousiastes qui ont envie de partager, de découvrir et surtout de faire découvrir leur métier.

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