Podcasts et bibliothèques

Sur mon temps libre, j’écoute de nombreux podcasts. Des podcasts sérieux, impertinents ou joyeux qui ont tous un point commun : ils ne parlent JAMAIS de bibliothèque (ni de près, ni de loin) ;-).

A force d’en écouter j’ai fini par me demander si je ne pouvais pas « optimiser » cette passion dans mon travail, afin de joindre l’utile à l’agréable. J’ai alors eu l’idée de publier sur le principe des revues de presse, des « revues de podcasts » dans le secteur disciplinaire que je gère. Cela a suscité des réactions chez mes collègues. Dans ma veille professionnelle j’ai également constaté que des initiatives étaient mises en place autour des podcasts. Il me semblait donc intéressant de revenir sur ce sujet dans un billet de blog.

Vous avez dit podcast ?

A l’occasion de la deuxième édition du Paris Podcast Festival, une étude réalisée par l’institut CSA montrait l’usage croissance de ce média. Ainsi en 2019, 9 % des français indiquaient écouter au moins un podcast chaque semaine. Mais un podcast c’est quoi ?

Il s’agit d’un contenu audio diffusé sur internet et disponible en téléchargement ou en streaming. Le podcast peut être :

  • la reproduction d’un contenu radio (l’émission qu’on n’a pas eu l’occasion d’écouter et qu’on veut « rattraper ») ou
  • la création d’un contenu audio originale. On parle alors de « podcast natif ». Dans ce cas le podcast est soit produit par un studio (comme Nouvelles Ecoutes ou Binge Audio) soit par un.e créateur.trice indépendant.e.

Le podcast peut prendre la forme d’une émission unique (c’est rare) ou peut faire l’objet d’une publication en série (avec une périodicité définie ou non).

Podcast et monde universitaire

A l’occasion d’une séance de dédicace de son livre « Les couilles sur la table » (issu du podcast du même nom), j’ai interrogé Victoire Tuaillon pour savoir comment réagissaient les enseignants-chercheurs qu’elle sollicitait. Avait-elle été déjà confrontée à des refus ? Les chercheurs étaient-ils réfractèrent ? Elle m’a indiqué n’avoir essuyé aucune fin de non-recevoir et que tous étaient enthousiastes à l’idée de s’associer à un tel projet.

Les enseignants-chercheurs ont investi depuis de nombreuses années la radio notamment via France Culture et sont de plus en plus présents dans l’univers du podcast. Dans un contexte universitaire où la prescription enseignante est importante pour de nombreux étudiants, les podcasts ont ainsi toute leur place en bibliothèque universitaire. C’est un contenu facilement valorisable à côté de nos collections « traditionnelles ».

Et les bibliothèques dans tout ça ?

Des initiatives locales tendent à apporter de plus en plus de visibilités aux podcasts. Ainsi le SCD Paris-Dauphine a intégré le moteur de recherche de Radio France dans son outil de découverte Odyssée. Certaines bibliothèques municipales intègrent, et de ce fait cataloguent, des podcasts dans leur SIGB comme la Médiathèque de Rumilly (en exemple : la notice de « Un podcast à soi« ). Au sein des bibliothèques universitaires de Lille, les BU Droit et Santé proposent régulièrement des recommandations de podcasts sur leurs réseaux sociaux.

Par ailleurs pendant le confinement et jusque juillet, Lilliad a proposé sur son compte twitter #PoDoJo.

Cette initiative a permis de valoriser la documentation électronique d’une manière originale en prenant comme appui des podcasts. A la même période, la BIS a de son côté proposé à ses usagers des sélections de podcasts et de ressources audiovisuelles librement accessibles.

Certaines bibliothèques sont également passées de prescriptrices à productrices ou co-productrices de podcasts à destination de leurs publics ou des professionnels des bibliothèques. On citera notamment :

Dans le monde anglophone, vous trouverez sur le blog de Christian Lauersen (« The Library Lab« ) une liste régulièrement mise à jour de podcasts conçus et produits par et sur les bibliothèques.

Ce billet a pour objectif d’être enrichi. La bibliothèque où vous travaillez propose un dispositif en lien avec des podcasts ? N’hésitez pas à nous le signaler. Nous compléterons ce billet. Si le sujet vous intéresse, sur AgoraBib vous trouverez une discussion sur la valorisation des podcasts en bibliothèque municipale ou universitaire.

Et pour finir car je suis toujours preneuse de recommandations 😉 : vous en écoutez, vous, des podcasts ? Si oui lesquels ?

Hélène Mistretta

Journées d’études sur les humanités numériques

En octobre dernier, j’ai assisté à deux journées d’études sur la mise en œuvre des Humanités Numériques (ou Digital Humanities), terme souvent employé mais dont il est parfois difficile de comprendre ce qu’il recouvre exactement. Ce billet mettra l’accent sur quelques interventions stimulantes qui permettent de mieux appréhender cette notion.

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Focus sur le PNB (Prêt Numérique en Bibliothèque)

Le dispositif PNB a été initié en 2012 par la société Dilicom. Il a été mis en production en 2014 avec des bibliothèques pilotes, puis déployé fin 2015. Il permet aux bibliothèques publiques le prêt de livres numériques. Une charte a été signée par différents acteurs de la chaîne du livre : le Ministère de la Culture, huit associations professionnelles des métiers du livre (auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires) et la Fédération Nationale des Collectivités Territoriales pour la Culture (FNCC). Ce texte « fixe un cadre équilibré propice au développement du prêt du livre numérique en bibliothèque, dans le respect du droit d’auteur, de la rémunération de la création et des attentes des publics ».

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Quelles pratiques culturelles pour les français à l’ère du numérique ?

La lecture d’un article récent dans Télérama m’a permis de me remémorer les enquêtes élaborées par Olivier Donnat, économiste et sociologue du département des études du Ministère de la Culture, enquêtes que j’avais étudiées dans le cadre des préparations aux concours de bibliothèques…

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Source : pixabay.com

Petit rappel !! Lire la suite

Volée de bois vert sur les livres : l’impact écologique

Après la Bexar County BiblioTech library, la bibliothèque sans livre de San Antonio (Texas, USA) ouverte en 2013 puis la « Dr. Ricardo Romo BiblioTech » inaugurée en 2015 (voir un précédent billet), toujours à San Antonio (en passe de devenir la ville la plus dématérialisée des États-Unis), c’est la bibliothèque numérique de Penang (Malaisie) qui – ouverte en 2015 – pousse les murs face au succès.

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Lutte contre les fake news : quels défis pour l’information scientifique, les bibliothèques et les journalistes ? Journée d’étude à la Bulac

La semaine dernière le 5 juin, je me suis donc rendue à la journée d’étude : « Lutte contre les fake news : quels défis pour l’information scientifique, les bibliothèques et les journalistes ? »

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Si vous n’avez pas entendu parler du projet de loi contre les Fake News, alors ce billet de blog est fait pour vous !

Le contexte médiatique autour des Fake News est très dense car les débats autour du projet de loi contre les « Fake News »  ont commencé la semaine dernière à l’Assemblée nationale, projet qui suscite de nombreux articles autour de cette question d’actualité (nous en avions déjà parlé dans un précédent billet) !

La question de la désinformation et de la manipulation de l’information interroge directement les bibliothèques universitaires et leurs missions. C’est pourquoi l’ADBU (Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation), avec The Conversation France, le CARISM (Centre d’Analyse et de Recherche Interdisciplinaire sur les Médias de l’IFP à Paris) et La Croix ont organisé une journée d’étude permettant de définir ce que sont les Fake news d’une part, et d’autre part d’identifier les moyens et actions proposés par les journalistes, enseignants et bibliothécaires dans cette lutte contre les fake news. Lire la suite

Couperin vs Springer

RVB de base

Après 13 mois de négociation, le consortium Couperin a annoncé officiellement l’échec des négociations avec l’éditeur Springer. Dans le communiqué de presse diffusé par Couperin à ce sujet, les termes du désaccord sont repris. Couperin dénonce notamment une augmentation des coûts d’abonnement, alors même que l’usage des revues est en diminution et se concentre sur un tiers de la collection. Avec, en plus, l’inquiétude soulevée par les chercheurs concernant l’évolution de la qualité des contenus en rapport avec la forte augmentation du nombre d’articles disponibles en Open Access.

Se pose également la question de la légitimité de l’augmentation de ces coûts d’abonnement dans un contexte d’accès libre aux articles scientifiques, et de publications alternatives. N’hésitez pas d’ailleurs à relire nos articles sur le sujet (Open Access)

Vous vous en doutez, ce « bras de fer » fait couler beaucoup d’encre, et n’est pas sans rappeler la situation de l’Allemagne face à Elsevier. (Nous vous en parlions d’ailleurs ici). Le 4 avril dernier, Springer annoncait que les accès aux revues étaient maintenus ouverts (la fermeture était initialement prévue le 1er avril), le temps de reprendre les négociations avec Couperin.

Pour en savoir plus :

http://www.couperin.org/springer-periodiques : historique des négociations entre Couperin et Springer

Ce qu’en dit la presse :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/04/09/le-bras-de-fer-est-engage-entre-chercheurs-et-editeurs_5282990_1650684.html

http://www.livreshebdo.fr/article/bras-de-fer-entre-springer-et-les-bibliotheques-universitaires

http://www.archimag.com/veille-documentation/2018/04/03/couperin-met-terme-accord-pass%C3%A9-springer

https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/le-torchon-a-brule-entre-les-universites-et-l-editeur-de-revues-springer/88106

 

Julie Gakyère